SUR LA VALIDITÉ DE VERSER ZAKAT AL FITR EN ARGENT
Il n'est pas autorisé de verser zakat al fitr en
argent car cela est contraire à la voie du Prophète - paix et salut sur Lui - et des compagnons qui ne l'ont versée qu'en nourriture malgré la présence de l'argent et de la forte pauvreté de la communauté de leur époque bien plus qu'à notre époque ; donc s'il aurait été autorisé de s'en acquitter en argent le Prophète - paix et salut sur lui - l'aurait spécifié et légiféré d'autant plus qu'ils étaient dans la capacité de définir la valeur de la nourriture, ce qu'ils n'ont jamais fait.
De plus, "la valeur des sortes d'aliments malgré leurs équivalences dans leurs mesures, était différente de l'une à l'autre ; donc si la valeur aurait été prise en considération, elle aurait été différente d'une sorte d'aliment à une autre." (Cheikh Al Outheymin)
Tous les grands imams anciens et contemporains comme l'imam Malik, Chafi'i, Ahmad, Ibn taymmiyya ainsi qu'Ibn Hazm sont d'avis que la verser en argent est interdit et que cela ne tient pas lieu de versement en nourriture et qu'elle n'est pas acceptée sous cette forme.
S'il aurait été indiqué de la verser en argent le Sage Législateur n'aurait pas institué et différencié entre la nature de zakat al mal et la nature de zakat al fitr et n'aurait pas spécifié les sortes d'aliments et affirmé qu'elle doit être une "nourriture pour les pauvres" contrairement à la zakat al mal.
D'après Abi Said Al Khoudry : "Nous versions, du temps du Messager d'Allah - paix et salut sur lui - le jour d'Al Fitr une mesure (Sa') de nourriture.
Abou Sai'd rajouta : Notre nourriture était l'orge, les raisins secs, le fromage (séché) et les dattes." Rapporté par Al Boukhary
"Le Prophète - paix et salut sur lui - a ordonné l'aumône (zakat al fitr) comme purification pour le jeûneur et nourriture pour les pauvres."
Purification pour ses paroles futiles, vaines et ses vulgarités.
Cheikh Al Albani - qu'Allah lui fasse miséricorde - dit : "Si tu leur verses en argent tu ne les auras pas nourris et cela fait partie du fait de faire devancer le raisonnement sur le texte."
De plus, la zakat al fitr n'est pas le seul moyen de dispenser les pauvres (de demander) ou de répondre à leurs besoins et leur procurer de la joie, il existe d'autres moyens que l'Islam a confirmé qui ne se restreignent pas, contrairement à zakat al fitr, à un événement ponctuel, comme zakat al mal, la prise en charge de leurs proches pour ceux qui ont la capacité, les dons, legs, héritages, expiations, voeux pieux, aumônes surérogatoires...
Donc les droits des pauvres sur les riches sont nombreux.
Allah - élevé soit-Il - dit :
{La piété, (la bonté et toute oeuvre d'obéissance) ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou vers le Couchant mais la piété est la qualité de celui qui croit en Allah, au Jour dernier, aux Anges, aux Livres et aux Prophètes, qui donne de son bien, quelque amour qu'il en ait : aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs ; qui accomplit la prière et acquitte la zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la.maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les pieux.} (Sourate La vache, 177)
De plus, il faut considérer que tous les textes affirmant la lécéité de verser l'équivalent de zakat al fitr en argent ne reposent que sur des preuves spécifiques relatives à la zakat al mal et à des efforts d'interprétation (ijtihadat) contrairement à l'avis prépondérant où les preuves sont textuelles et incontestables.
La zakat al fitr est une obligation pour tout musulman possédant sa subsistance et celle de sa famille pour le jour et la nuit de l'Aid.
D'après AbdAllah ibn Omar - qu'Allah les agrée - le Messager d’Allah - paix et salut sur lui - a ordonné de s'acquitter de zakat al fitr par une mesure (sa') de dattes ou une mesure (sa') d'orge pour l'esclave, la personne libre, l'homme, la femme, jeune ou âgé parmi les musulmans avant la sortie des gens de la prière."
Au vu de ce hadith, il est obligatoire de s'en acquitter par ce qui a été prescrit textuellement car les adorations sont déterminées, invariables et inflexibles (tawqifiya), la versant en mesure (sa') de nourritures dominantes et généralement consommées dans le pays.
L'objectif étant de dispenser les pauvres (de demander) le jour de l'Aid en s'acquittant de ce qui a été prescrit en nourriture au sens propre car le Prophète - paix et salut sur lui - a ordonné de verser diverses sortes d'aliments qui se caractérisent par le fait qu'ils soient nutritions, mesures et conservables ; et comme ayant des valeurs différentes pour chacun d'entre eux, il n'est donc pas autorisé de s'en détourner pour des équivalences puisque le sens spécifié et voulu est son sens propre non sa valeur estimée
Et on ne peut pas se contenter que de zakat al fitr pour dispenser les pauvres (de demander) en présence de ce qui est plus bénéfique que celle-ci à savoir zakat al mal.
La parole des successeurs (ceux venus après l'époque du Prophète, des compagnons et tabi'in) prétendant la conformité de la verser en argent au vu de la nécessité et de ce qui peut être plus bénéfique pour le pauvre s'oppose au fait que le Prophète - paix et salut sur lui - était plus parfaitement connaisseur du besoin des gens et de ce qui leur était profitable dans leur religion et bas monde, le noble Législateur n'a pas légiféré pour une période donnée seulement, l'Islam s'applique en tout temps et tout lieu et il était le plus savant des gens de la sounna et le plus désireux à son application.
Le Prophète - paix et salut sur lui - n'a pas évoqué le dinar, ni le dirham pour zakat al fitr pourtant présents à son époque, dans aucun athar ou hadith quelque soit son degré d'authenticité il n'y est fait allusion et il était en parfaite connaissance du fait que l'Islam et les musulmans allaient conquérir ce bas monde avec tout ce qu'il contient comme richesses et abondances avec parmi elles or et argent et malgré cela, il n'a jamais ordonné son versement en argent.
Donc à la lecture attentive des textes et preuves, il apparaît clairement la prépondérance de l'avis de la majorité des savants : que zakat at Fitr doit être acquittée par une mesure (sa') de nourriture par personne comme l'a défini le Prophète - paix et salut sur lui - et qu'il n'est pas permis autre que cela se détournant des indications prophétiques, se soustrayant à sa parole - paix et salut sur lui - dont Son Seigneur - élevé soit-Il - dit à son propos : {Et il ne prononce rien sous l'effet de la passion * Ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée}
Et Sa parole : {Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu'Allah et Son messager ont décidé d'une chose d'avoir encore le choix dans leur façon d'agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s'est égaré certes, d'un égarement évident} Al ahzab 36 .
Allah est plus savant
Et c'est à Allah qu'appartient le succés